lundi 18 juin 2012

MALVOYANTS: PREMIER SUCCÈS DE GREFFES CELLULAIRES


MALVOYANTS: PREMIER SUCCÈS DE GREFFES CELLULAIRES

Malvoyants: premier succès de greffes cellulaires

Pour la première fois, des patients souffrant d’atteinte de la cornée ont récupéré une activité visuelle par thérapie cellulaire. Quelles sont les lésions plus fréquentes ?
Pr José-Alain Sahel. Le kératocône, où la ­cornée s’amincit au centre, prenant une forme ­conique (cause de greffe la plus fréquente) ; l’herpès et le zona, qui entraînent une opacification, les brûlures provoquées par des acides, des produits telle la soude, pouvant conduire à une ­cécité. Pour le kératocône nous avons recours, avec un grand succès, à des lentilles, des greffes de cornée, au laser ou à la photothérapie. Dans les cas d’herpès, la greffe (selon les stades) “marche” ­environ une fois sur deux.

Le Pr José-Alain Sahel* explique ces techniques de thérapie cellulaire ayant déjà obtenu une réussite pour des altérations de la cornée.


En ce qui concerne les brûlures, quelles sont les conséquences ?
Dans les cas les plus sévères, il n’y avait malheureusement pas de traitement. Les brûlures entraînent une perte des cellules souches limbiques situées à la périphérie de la cornée, indispensables car ce sont elles qui régénèrent l’épithélium. Un ulcère se développe, qui va attaquer la partie profonde de l’œil. Jusqu’à récemment, la greffe n’avait jamais pu remplacer les cellules limbiques car elle ne renouvelait que le centre de la cornée.
D’où l’importance de la nouvelle technique par autogreffe de cellules. Quel en est le protocole ?
Les résultats spectaculaires obtenus par des spécialistes de la cornée (Dr Carole Burillon, à Lyon) constituent effectivement une étape très importante. Après diverses tentatives malaisées d’autogreffe cellulaire, les scientifiques ont eu l’idée de prélever des cellules de la muqueuse buccale du patient pour les cultiver en laboratoire sur un film en polymère thermosensible, afin de les “manipuler” de façon à constituer un greffon pouvant adhérer à la cornée, y compris à sa périphérie, remplaçant ainsi les cellules limbiques.
La thérapie cellulaire va-t-elle s’appliquer à d’autres pathologies de l’œil ?
De nouvelles pistes concernent les dégénérescences rétiniennes. Des succès ont déjà été ­obtenus chez l’animal. L’équipe du Pr Robin Ali, à Londres, a transplanté à des souris adultes des cellules prélevées sur des souriceaux, juste avant qu’elles ne deviennent des cellules photoréceptrices à bâtonnets, restaurant ainsi une vision de nuit perdue du fait de mutations analogues à celles observées chez certains patients.
Après ces premiers succès chez l’animal, quand passera-t-on aux essais chez l’homme pour les ­maladies de la rétine ?
Il faudrait pouvoir cultiver des cellules d’embryons humains (provenant d’avortements) au deuxième trimestre de la grossesse, ce qui est ­impossible. La seule solution est de prélever ces cellules à un stade embryonnaire plus précoce et de les faire mûrir en laboratoire pour atteindre le stade optimal permettant une bonne intégration. C’est sur cette stratégie, poursuivie par plusieurs équipes internationales, que portent actuellement les travaux d’Olivier Goureau à l’Institut de la ­vision, en partenariat avec I-Stem (Pr Peschanski, Genopole d’Evry). Nous devons travailler, dans un cadre dérogatoire, sur des souches embryonnaires provenant de l’étranger puisque la loi française l’interdit encore. A ce jour, les résultats en culture sont encourageants. La thérapie cellulaire représente un très grand espoir pour l’avenir.
Pour les altérations de la rétine, où se situent les autres espoirs ?
Ils concernent les maladies rétiniennes génétiques (40 000 en France). A l’Institut de la ­vision, nos projets de thérapie génique sont déjà prometteurs. En attendant la mise au point d’un traitement, les patients atteints de rétinite ­pigmentaire à un stade extrême peuvent bénéficier d’une ­rétine artificielle, un implant électronique connecté à une caméra qui permet de lire des lettres, de ­localiser des objets, de se diriger, de retrouver ses repères. Grâce aux progrès de la science, on est passé de la fiction à la réalité.
* Directeur de l’Institut de la vision (université Pierre-et-Marie-Curie, Inserm, CNRS, hôpital des Quinze-Vingts).

jeudi 14 juin 2012

Des implants rétiniens redonnent espoir aux personnes atteintes de cécité

Le dispositif "Argus II" mis au point par la société californienne Second Sight est un nouvel espoir pour les personnes atteintes de cécité. Il dispose d'une caméra fixée sur les lunettes du patient capable de transformer les images en signaux électriques transmis au cerveau par des électrodes implantées dans la rétine.

Élias Konstanpopoulos teste depuis 2009 le nouveau dispositif "Argus II". Atteint de cécité depuis 5 ans il confie son témoignage à l'A.F.P. et ses espoirs sur les avancées technologiques de ce type d'appareil. Avec "l'Argus II", l'homme de 72 ans est capable de distinguer des objets clairs posés sur un fond sombre et parvient à s'orienter dans sa maison grâce à la lumière du soleil qui passe à travers ses fenêtres. Il concède : "Sans ce système, je ne vois rien. Avec ça, il y a comme un peu d'espoir. Je vois quelque chose".

Une fois par semaine M. Konstanpopoulos est suivi à l'hôpital de l'Université Johns Hopkins de Baltimore aux États-Unis. Les chercheurs l'aident à exercer son œil en le faisant travailler sur un ordinateur. Parmi les exercices effectués, il doit par exemple suivre une tache noire avec son doigt en mouvement sur l'écran. Ces exercices réguliers lui permettent de comprendre petit à petit les signaux qu'il reçoit et à les faire correspondre à telle ou telle forme.

Un dispositif encore en progrès.
Pour Gislin Dagnelie, l'ophtalmologiste qui suit Élias Konstanpopoulos, ce travail est nécessaire : "Nous tentons d'apprendre à parler à la rétine". Son avis sur le nouveau dispositif "Argus II" est très optimiste : "Ça reste un degré de vision très rudimentaire, mais c'est le début d'un progrès". Cependant il reconnaît que les résultats escomptés ne sont pas aussi importants dans le cas d'une cécité de longue date. Il déplore : "Pour les gens qui ont perdu la vue depuis longtemps, l'apport n'est pas aussi net. Nous espérons que d'ici 10 ou 15 ans nous aurons un système vraiment utile sur le plan clinique".

Au sein de la société Second Sight, les recherches pour le développement du dispositif continuent et les progrès sont constants. Le nouvel appareil mis au point contient 60 électrodes contre 16 dans sa première version. Actuellement 29 autres personnes aveugles se sont proposées d'essayer "l'Argus II" dont 16 en Europe.

Description de l'implant rétinien


Les implants consistent en une grille d'électrodes implantée au niveau de la rétine. Une caméra numérique est fixée sur le corps de l'utilisateur, par exemple sur des lunettes, et un microprocesseur convertit les images en signaux électriques qui sont envoyés sur les électrodes.
Il existe deux types d'implants rétiniens: les implants épirétiniens (sur la rétine) et les implants subretiniens (derrière la rétine).
Les implants épirétiniens stimulent directement les ganglions nerveux en utilisant les signaux transmis par la camera externe. Les implants subretiniens stimulent les cellules bipolaires de la rétine ou les ganglions nerveux. Certains implants sont alimentés par une source d'énergie électrique, et d'autres utilisent la lumière comme source d'énergie.

vendredi 20 avril 2012

'Blind' mice eyesight treated with transplanted cells


'Blind' mice eyesight treated with transplanted cells

Lead researcher, Prof Robin Ali , explains the behaviour of blind mice in the water maze test. Video filmed and produced by UCL and Moorfields Hospital

Related Stories

British scientists have restored the sight of blind mice by transplanting light-sensitive photoreceptor cells into their eyes.
The work is a step towards a new treatment for patients with degenerative eye diseases.
Scientists at University College London Institute of Ophthalmology injected cells from young healthy mice directly into the retinas of adult mice that had night-blindness.
The findings are published in Nature.
The cells transplanted were immature rod-photoreceptor cells, which are especially important for seeing in the dark.
After four to six weeks up to one in six of the transplanted cells had formed the connections needed to transmit visual information to the brain.
Hidden platform
The researchers tested the vision of the treated mice in a dimly-lit water maze.
Those mice with transplanted rod cells were able to see a visual cue to find a hidden platform to enable them to get out of the water. This was in contrast to untreated mice who found the platform only by chance after lengthy exploration of the maze.
Prof Robin Ali, at UCL Institute of Ophthalmology and Moorfields Eye Hospital, who led the research said: "We've shown for the first time that transplanted photoreceptor cells can integrate successfully with the existing retinal circuitry and truly improve vision.

Start Quote

This is a landmark study that will inform future research across a wide range of fields including vision research, neuroscience and regenerative medicine”
Dr Rob BuckleMedical Research Council
"We're hopeful that we will soon be able to replicate this success with photoreceptors derived from embryonic stem cells and eventually to develop human trials."
Prof Ali said the behavioural maze test was "ultimate proof" that a significant amount of vision had been restored in the treated mice.
But although the results appear promising, there are still many steps to go before such a treatment might be suitable for patients.
There are two types of photoreceptor in the eye - rods and cones. It has so far proved harder to transplant cone photoreceptors - which are crucial for human sight and tasks like reading.
The scientists also plan to experiment with photoreceptors derived from embryonic stem cells. Prof Ali said such cell lines already exist but the question is how efficiently they can transplant them.
EyeThe findings could have implications for treating humans
Loss of photoreceptors is the cause of blindness in many human eye diseases including age-related macular degeneration (AMD), retinitis pigmentosa and diabetes-related blindness.
But many more animal studies will be needed before such a technique would be tried with humans.
'Great encouragement'
The research was funded by the Medical Research Council, the Wellcome Trust, the Royal Society the British Retinitis Pigmentosa Society, Alcon Research Institute and The Miller's Trust.
Dr Rob Buckle, head of regenerative medicine at the MRC said: "This is a landmark study that will inform future research across a wide range of fields including vision research, neuroscience and regenerative medicine.
"It provides clear evidence of functional recovery in the damage eye through cell transplantation, providing great encouragement for the development of stem cell therapies to address the many debilitating eye conditions that affect millions worldwide."
There are already a number of research programmes aiming to treat blindness using cell transplants.
Last year, the same research group were given the go-ahead to carry out Europe's first clinical trial involving human embryonic stem cells at Moorfields Eye Hospital.
That study involves patients with Stargardt's disease, one of the main causes of blindness in young people. Early results suggest the technique is safe but reliable results will take several years.

mardi 13 mars 2012

Un Grand Remerciement de DON POUR UN REGARD à Mr & Mme Christiane ROUSTANT

Un Grand Remerciement de DON POUR UN REGARD à Mr & Mme Christiane ROUSTANT


Nous remercions Mr et Mme ROUSTANT qui sont  donateurs de DON POUR UN REGARD.
Ils font avancer, par leur générosité morale et financière, le projet d'opération de CID Fortunée.
Une mention spéciale toutefois, car ils sont les premiers de notre famille à se mobiliser.

Merci au nom de Fortune.
Merci, Chère cousine et Cher cousin que je ne connais pas, mais que j'ai hâte de rencontrer.
Nous avons devant nous une histoire à rattraper, et j'y mettrais tout mon coeur.

Isabelle CID

samedi 28 janvier 2012

L'Accès à la culture pour les Aveugles et Malvoyants : L'AUDIODESCRIPTION

L'Accès à la culture pour les Aveugles et Malvoyants : L'AUDIODESCRIPTION





Longtemps, les personnes déficientes visuelles, ont été écarté de l'accès à la culture sous toutes ses formes.
La sensibilisation des pouvoirs publics permet aujourd'hui, d'avoir une approche de la culture, même si des progrès restent encore à faire dans ce domaine.


Qu'est ce que l'audiodescription?


L’audiodescription est un procédé qui permet de rendre accessible des films, des spectacles ou des expositions aux personnes non-voyantes ou malvoyantes grâce à un texte en voix-off qui décrit les éléments visuels de l’œuvre. La voix de la description est placée entre les dialogues ou les éléments sonores importants afin de ne pas nuire à l’oeuvre originale. Elle peut être diffusée dans des casques sans fil pour ne pas gêner les autres spectateurs.
L’audiodescripteur est un auteur. Il travaille seul ou à plusieurs à l’élaboration du texte. Un audiodescripteur non-voyant peut écrire avec un audiodescripteur voyant.
Les supports d’application sont multiples : cinéma, théâtre, télévision, danse, expositions, et toute expression artistique comportant des images inaccessibles à un public déficient visuel sans aide extérieure.
Les personnes aveugles et malvoyantes sont le premier public de l’audiodescription, mais aussi toute personne souhaitant "écouter" un film de la même manière qu’une œuvre radiophonique (en voiture par exemple).

S’agissant, pour le cinéma et le théâtre par exemple, de transposer une œuvre visuelle et sonore en une œuvre purement sonore, l’audiodescripteur attachera une attention particulière à l’agencement et à la cohésion des éléments sonores (dialogues, description, bruitages, musique, silences…) pour, au final, recréer une œuvre aussi proche que possible de l’oeuvre originale.


Origines

L'audiodescription est apparue aux États-Unis, en 1975. Gregory Frazier, professeur à l'Université d'État de San Francisco (School of Creative Arts), a été frappé d'entendre l'épouse de son meilleur ami aveugle lui décrire ce qu'il ne voyait pas, alors qu'ils regardaient la télévision. Il fit part de cette constatation au doyen de l'université, qui n'était autre qu'August Coppola, frère du célèbre réalisateur Francis Ford Coppola. Le doyen décidait alors de mettre sur pied un programme académique. En 1988, le premier film en audiodescription présenté aux aveugles est Tucker de Francis Ford Coppola. Parallèlement, Auguste Coppola et Gregory Frazier organisent la formation d'étudiants étrangers à l'audiodescription. Les Français seront les premiers à en bénéficier.



Diffusion

Les réalisations audiodécrites peuvent être diffusées de différentes manières :
  • dans les salles de cinéma qui disposent d'un équipement adéquat (casques audios) pouvant être permanent ou installé de manière temporaire par une unité mobile ;
  • dans les salles de théâtre disposant aussi de l'équipement adéquat, permanent ou temporaire ;
  • par certaines chaînes de télévision, notamment numériques, pouvant proposer un flux audio supplémentaire (mixant son du film et audiodescription notamment en Haute définition - HDAD, ou ne proposant que l'audiodescription seule) ;
  • par le circuit de distribution sur support vidéo (VHS, DVD et probablement, dans un futur proche, Blu-Ray Disc et HD DVD). Un DVD peut en effet contenir jusqu'à huit plages sonores, permettant l'accès à autant de « langues » différentes. La huitième plage reste rarement utilisée et pourrait être dédiée à l'audiodescription de l'œuvre ;
  • par des médiathèques qui prêtent les DVD audiodécrits à leurs abonnés (en France la médiathèque de l’Association Valentin Haüy effectue ce prêt gratuitement).



Comment y accéder à la télévision?
   
L'audio description permet aux aveugles et aux malvoyants d'apprécier les émissions dans les meilleures conditions possibles. Le procédé consiste en effet à insérer des commentaires pendant l'absence de dialogue. Cette piste audio décrit tous les éléments visuels à la personne non ou malvoyante. Cette dernière bénéficie ainsi des dialogues normaux du film mais dès qu'il y a une absence de répliques, la narration commence pour expliquer l'image.

Ce service est actuellement disponible sur la TNT et dans l'offre Canalsat.
 


Pour accéder à l'audiodescription, une manipulation simple à partir de la télécommande est nécessaire : il suffit de sélectionner, dans le menu « choix audio préféré », l'option audio description, ou si celle-ci n'est pas disponible, de sélectionner l'option allemand.



Au théâtre?


A destination des personnes qui souffrent d’un déficit total ou même léger de la vue, l’audiodescription au théâtre rend perceptibles par la parole les effets scéniques visuels.
Munies d’oreillettes, les personnes non et malvoyantes entendent, entre les répliques des comédiens, la description d’éléments visuels du spectacle, envoyée depuis la régie via un micro et un émetteur.